Au travail, l’intelligence émotionnelle est plus importante que le QI

Au travail, l’intelligence émotionnelle est plus importante que le QI

intelligence émotionnelle

Pour réussir dans sa vie professionnelle, il ne suffit pas d’être doué dans un domaine en particulier ou d’avoir des facultés de raisonnement supérieures à la moyenne.  On parle d’intelligence émotionnelle pour la faculté de détecter ce que ressent un collègue de travail, un supérieur ou un employé, d’adapter son attitude et son discours, mais aussi le fait de bien connaître et de savoir maîtriser ses propres émotions. Des psychologues de l’université de Bonn déclarent dans une récente étude qu’une bonne intelligence émotionnelle, 
« ça paye » !

Les chercheurs ont fait passer des tests à 
142 salariés de tout âge et tous horizons. Pour commencer ils ont dû interpréter une série de photos et d’enregistrements audio où des acteurs et enfants exprimaient des émotions basiques, comme la colère, la joie, la peur. Ensuite, ils ont été évalués par des collègues de travail et des supérieurs sur leurs qualités relationnelles. Conclusion : les salariés les plus sensibles aux émotions de l’autre sont aussi ceux qui sont jugés comme les plus influents, les plus appréciés, les plus sincères, les plus à l’aise dans le travail d’équipe. De plus, leurs fiches de paye montrent qu’ils gagnent plus que les autres, et ce indépendamment de leur position hiérarchique, leur sexe, leur âge, leur formation ou le nombre d’heures travaillées.

Être en empathie avec ses collègues, souple et mesuré dans ses rapports est donc une qualité fondamentale dans le travail, d’autant plus quand on exerce un poste à responsabilités. Seulement, déplorent les auteurs, ce n’est pas toujours un critère de sélection dans 
le recrutement des managers, qui sont parfois totalement dépourvus d’intelligence émotionnelle, au grand dam de leurs subalternes.

«Au travail, l’intelligence émotionnelle compte plus que le QI»

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 – OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA

Quel rôle jouent exactement les émotions dans nos choix économiques? Emmanuel Petit, professeur à l’université de Bordeaux, s’est penché sur cette question dans l’ouvrage Economie des émotions.

Qu’est-ce que l’économie des émotions?

Si les philosophes, les sociologues ou encore les psychologues travaillent depuis longtemps sur les émotions, les économistes s’intéressent aux affects seulement depuis les années 1990. Ils ont longtemps bâti leurs théories en pensant que les individus utilisaient seulement leur raison quand il s’agissait de faire des choix économiques… Ce n’est évidemment pas le cas! Mon ouvrage porte sur la manière dont les économistes peuvent intégrer les affects dans leurs analyses.

Dans quels cas les émotions poussent-elles les individus à prendre de mauvaises décisions économiques?

Les individus ont tendance à sous-estimer les risques associés aux activités qu’ils aiment bien. Sur les marchés financiers, la peur du regret peut aussi conduire un actionnaire à conserver des actions qui perdent de la valeur, par peur de les voir remonter s’il les vend. A l’inverse, le sentiment de fierté lié au fait de gagner de l’argent pousse les actionnaires à se débarrasser trop rapidement d’actifs qui font des gains.

Quelle émotion influence le plus nos choix économiques?

C’est difficile à dire… mais l’envie est sans doute une émotion très influente. Par exemple, pour un individu, le plus important n’est pas de voir son revenu augmenter, mais de le voir progresser par rapport à celui des personnes qui sont dans la même catégorie de revenus… L’envie est donc une émotion qui engendre de la compétition et qui nuit au bien-être collectif. Les émotions dites «négatives» n’ont cependant pas toujours de mauvais effets. Une étude a indiqué que les individus placés dans l’émotion de la colère refusent plus souvent des offres inéquitables que les personnes placées dans la joie. Les premiers se montrent également plus équitables quand c’est à leur tour de faire une offre. La colère est donc une émotion qui peut être utilisée pour favoriser une société plus juste, même si cet affect est évidemment à manier avec précaution.

Vous parlez du rôle des émotions dans le monde professionnel…

Des sociologues ont prouvé qu’une partie du travail effectué est de nature émotionnelle. Par exemple, on attend d’un commercial qu’il montre de l’enthousiasme pour les produits qu’il vend, d’un patron qu’il sache galvaniser ses salariés ou d’un croque-mort qu’il exprime de la compassion pour les proches du défunt. Et finalement, les économistes s’aperçoivent qu’au travail, la performance d’un individu est bien plus liée à son intelligence émotionnelle qu’à son quotient intellectuel.

Comment les politiques peuvent-ils utiliser les émotions pour mieux gouverner?

Lorsqu’une politique économique est mise en place, elle est souvent assortie de mécanismes financiers incitatifs –sanction ou récompense. Mais si l’on comprend que les émotions modifient les comportements individuels, de nouveaux outils peuvent être imaginés. Notamment dans le domaine environnemental. Une expérience a été menée aux Etats-Unis: des foyers ont reçu leur consommation d’électricité et celles de leurs voisins. Ceux qui consommaient plus que la moyenne ont immédiatement réduit la voilure. Mais ceux qui consommaient moins l’ont augmenté… Dans une seconde expérience, les ménages qui consommaient peu ont reçu en plus un «smiley» pour les féliciter. Ainsi valorisés, ils n’ont pas augmenté leur consommation…

Sources :scienceshumaines et 20minutes

Clément Artois

Un commentaire

  1. Je pense que de préconiser l’intelligence émotionnelle plutôt que le QI et la compétence, ne fait que promouvoir l’incompétence généralisée à laquelle la société fait face présentement! …en fait ça se traduit plus en manipulation émotionnelle qu’autre chose…ce qui est une nuisance a mon avis!

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