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Leçon de vie : « Que fais-tu grand-mère ? »

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Leçon de vie : « Que fais-tu grand-mère ? »

 

J’apprends la patience et l’ennui, le goût de l’instant, la joie de chaque jour, j’apprends que la tristesse du cœur est nuage, et nuage est aussi le plaisir… Que fais-tu grand-mère, assise-là, dehors, toute seule? Eh bien, vois-tu, j’apprends. J’apprends le petit, le minuscule, l’infini, J’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne. J’apprends à être transparente. À regarder au lieu d’être regardée.

J’apprends le goût de l’instant quand mes mains tremblent, la précipitation du cœur qui bat trop vite. J’apprends à marcher doucement, à bouger dans les limites plus étroites qu’avant et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.

– « Que fais tu grand-mère, assise là, dehors toute seule

?

– Eh bien vois tu, j’apprends… J’apprends le petit, le minuscule, l’infini. j’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne. J’apprends à être transparente, à regarder au lieu d’être regardée. J’apprends le goût de l’instant, quand mes mains tremblent, la précipitation du coeur qui bât trop vite. J’apprends à marcher doucement, à bouger dans des limites plus étroites qu’avant et à y trouver un espace plus vaste que le ciel…

– Comment est-ce que tu apprends tout cela grand-mère ?

 

– J’apprends avec les arbres et avec les oiseaux ; j’apprends avec les nuages. J’apprends à rester en place et à vivre dans le silence. J’apprends à garder les yeux ouverts et à écouter le vent. J’apprends la patience, et aussi l’ennui. J’apprends que la tristesse du coeur est un nuage ; et aussi le plaisir. J’apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir et à recommencer sans me lasser.

J’apprends à me réjouir au début du printemps et à la fin de l’automne, à voir un arc-en-ciel dans une goutte de pluie et une vie entière dans une gouttelette de soleil qui scintille sur une pierre. J’apprends que les chemins se divisent et se perdent, que les regrets sont de petites pierres pointues qui blessent les mains qui les enserrent et qu’il est meilleur que nos mains restent ouvertes. J’apprends mes erreurs, mes chagrins, mes oublis, et toutes les joies qui se faufilent, poissons d’argent dans la masse de notre vie.

– Grand-mère, je ne comprends pas ; pourquoi apprendre tout ça ?

 

– Parce qu’il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains, à accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée ; parce qu’avec l élan de la vague et le long retrait des marées, j’apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux. J’apprends qu’il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur, que leurs yeux se reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs. J’apprends à marcher sur des sentiers étroits sans peur, à regarder les montagnes qui se profilent au loin et que je n’attendrai pas: J’apprends les milliers de pas qui ont marché avant moi sur ces même sentiers. J’apprends les vieilles traces et les jeunes nuages.

J’apprends qu’il faut se tenir prêt à partir quand le vent souffle: Qu’on avance mieux en se donnant la main: Que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille. Que la route est sans fin, est pourtant toujours exactement là.

– Et avec tout ça, pour finir, qu’apprends tu donc grand-mère ?

 

– J’apprends « , dit la grand-mère à l’enfant,  » J’apprends à être vieille !  »
(Joshin Luce Bachoux)

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Publié par Clément Artois

Clément a toujours été très empathique et possède de grandes capacités d'écoute, lorsque les gens ont besoin de conseils dans leurs relations, c'est toujours vers lui qu'ils se tournent.

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