Méthode du « stylo vert »: une révolution pour l’apprentissage des enfants?

stylo vert

Méthode du « stylo vert »: une révolution pour l’apprentissage des enfants?

Avec un simple stylo vert, cette jeune maman a révolutionné l’éducation des enfants… et de les rendre plus heureux dans leur vie future d’adultes !

Tatyana Ivanko est une jeune maman russe qui a trouvé avec sa fille une nouvelle façon d’enseigner qui est absolument géniale. C’est tout simple, et pourtant à la lire on se demande comment on n’avait pas pensé à ce genre de choses avant !

En fait, cela consiste à inverser du tout au tout l’un des principes fondamentaux de l’éducation classique : au lieu de pointer uniquement du doigt les erreurs au stylo rouge, afin de montrer à l’enfant ce qu’il n’a pas su faire, ce qu’il a mal fait — bref, de s’attarder sur les aspects négatifs de son travail, l’idée est de faire absolument tout le contraire et de valoriser, au contraire, ce qu’il a fait de bien !

Ce point de vue complètement différent quant à la manière d’éduquer les enfants peut avoir des conséquences énormes quant à leur perception future de leur vie…

Voici le témoignage de Tatyana, publié sur le site real-parents.ru :

« Commençons depuis le début. Ma fille n’est quasiment jamais allée à l’école maternelle, c’est moi-même qui me suis chargée de cette partie de son éducation.

Alors que nous entraînions sa main [à tracer des formes en vue de l’apprentissage de l’écriture NDLR] avant qu’elle ne rentre à l’école primaire publique, notre cahier ressemblait plus ou moins à ça :

 

@ real-parents.ru

Vous voyez la différence ?

Je ne barrais pas au stylo rouge les erreurs, mais je mettais au contraire en évidence les lettres et les formes qu’elle avait particulièrement bien réussies, en les entourant au stylo vert.

Résultat, ma fille aimait beaucoup s’entraîner à tracer les lettres et toujours, après avoir fini une ligne, elle me demandait « Maman, c’est laquelle la plus jolie ? » en me montrant son cahier. Elle était encore plus fière et heureuse quand j’écrivais « très bien » à côté d’une ligne bien réalisée.

Quelle est la différence fondamentale entre ces deux techniques d’éducation ? Vous commencez à comprendre ?

   1.  Dans le premier cas [c’est-à-dire dans l’éducation dite « traditionnelle »] nous nous focalisons uniquement sur les erreurs. Qu’est-ce qui reste gravé dans l’esprit et dans la mémoire visuelle des enfants ? Eh oui, les lettres qui sont entourées… donc, justement, ce qui est incorrect. Avez-vous déjà vu des lettres ou plus généralement des réponses correctes entourées de rouge et mises en évidence ? Non ! Que nous le voulions ou non, notre subconscient imprime ce qui est mis en évidence, ce qui est entouré, et le met en mémoire.

   2. Dans ce deuxième exemple, nous nous focalisons sur ce qui a été bien réalisé et sur les points positifs. Nous essayons une approche radicalement différente, une attitude et des émotions à l’égard de l’enseignement complètement nouvelles pour l’enfant. Quand nous apprenons, que nous nous entraînons, notre cerveau inconscient est programmé pour répéter les choses que nous avons réussi à faire bien (et dont nous pouvons voir les résultats) et à écarter les choses qui ne donnent aucun bon résultat. Il s’agit d’une motivation interne également très différente et beaucoup plus positive : Nous n’essayons plus d’éviter les erreurs, mais nous essayons de reproduire nos victoires, de refaire ce que nous avons particulièrement bien réussi. Cela peut vous sembler être plus ou moins la même chose, mais en réalité le fossé qui sépare ces deux modes de pensée est absolument énorme !

 

Passons à la question suivante : Comment le fait d’isoler les erreurs en les entourant au stylo rouge, conditionne la vie future des enfants, quand ils seront adultes ?

La réponse est évidente : Depuis tous petits nous nous accoutumons à nous concentrer sur les défauts, sur ce qui n’est pas correct, ce qui sort du moule, sur ce qui nous semble mauvais. On nous apprend à penser ainsi dès notre plus jeune âge, dès l’école maternelle, avec le stylo rouge. On nous conditionne à penser de cette façon dès les prémices de notre éducation, en mettant en évidence tout ce que nous faisons mal, plutôt que de nous féliciter de ce que nous faisons de bien.

Sur vingt « a » d’une ligne, il se peut que 19 soient bien dessinés, et qu’1 ne le soit pas. Pourquoi se concentrer exclusivement sur ce « a » défectueux ?

Cette coutume (de surligner ou de barrer au stylo rouge ce qui n’est pas correct, à laquelle nous avons été habitués depuis notre plus tendre enfance) reste gravée dans notre tête jusqu’à notre arrivée dans l’âge adulte, et il est quasiment impossible d’effacer ensuite ce marquage opéré dans les profondeurs de notre cerveau par cette éducation.

C’est une des raisons pour lesquelles nous pouvons ressentir un sentiment d’insatisfaction par rapport à notre vie.

C’est ce sentiment-là d’insatisfaction, sur lequel nous nous concentrons, avec lequel nous nous obnubilons, que nous cultivons et que nous faisons grandir en nous. Depuis leur plus jeune âge, nous avons tendance à tailler la vie future de nos enfants, avec le même moule que celui dont nous sommes nous-mêmes issus… Et cela n’est pas toujours une chose positive.

Si vous essayez de mettre en pratique la « méthode du stylo vert », vous vous rendrez compte très vite d’une chose assez incroyable : si vous ne concentrez pas l’attention de votre enfant sur ses erreurs, ces dernières disparaîtront d’elles-mêmes, petit à petit.  Et la raison est simple : votre enfant essayera d’abord de faire les choses bien, parce que c’est cela qui lui apporte du plaisir et qui le fait se sentir valorisé. »

Source : real-parents.ru et https://www.pausecafein.fr/

Clément Artois

Clément a toujours été très empathique et possède de grandes capacités d'écoute, lorsque les gens ont besoin de conseils dans leurs relations, c'est toujours vers lui qu'ils se tournent.

15 commentaires

  1. Bonjour,
    Merci pour ce bel article. Etant future institutrice, je me demande seulement comment utiliser ce principe par exemple lors de la correction d’une dictée ou d’une feuille d’exercices de tables de multiplications. On peut difficilement entourer la meilleure réponse, et sinon, le fait d’entourer toutes les bonnes réponses n’aurait-il pas le même effet que de n’entourer que les mauvaises?
    Merci de m’éclairer sur ce sujet…

    • et bien pour les dictées, j’ai un bon exemple. Mon frère était vraiment en difficulté pour l’orthographe, bien qu’il ne soit aucunement dyslexique. Tout le temps il avait zéro. Il travaillait, et encore zéro. ainsi de suite. découragement total. Son institutrice à mis en place, avec son accord et dans l’unique but de valoriser ses efforts, de lui noter, à coté du zéro, une note négative,juste pour info. Je m’explique… genre, elle lui mettait : « – 25 ». La dictée suivante, elle mettait « -10″ et ne manquait pas de noter  » de nets progrès, continue ! « , ainsi allant, mon frère a vu la différence, et cela l’a encourager, à la fin de l’année, il avait presque la moyenne !: et l’institutrice l’a féliciter aupres de tous pour sa persévérance et son assiduité. Aujourd’hui, il est devenu un grand ingénieur, pour la petite histoire…

    • La dictée est l’exemple-type du mauvais exercice à donner à un enfant.

      Cet exercice en effet ne valorise pas la réussite, mais puni les erreurs: peu importe combien de mots sont écrit juste: si y’en a des faux, alors la note est mauvaise.

      Elle inculque aux enfants que pour être bien noté il vaut mieux en faire le moins possible (plus j’écris de mots, plus j’ai de risques de faire des fautes, donc autant ne rien mettre si possible). Et après on s’étonne que lorsque l’on pose une question la classe reste silencieuse (parler, c’est courir le risque de l’erreur donc de la sanction, ne rien dire est préférable). Aux US, ou cette culture est moins présente, les enfants lèvent tous la main à une question posée!

      Il faut donc privilégier les exercices qui valorisent la réussite, et non qui sanctionnent l’échec. Si vous tenez à la dictée, une dictée de 100 mots devrait dont rapporter 100 points si sans fautes, 99 si une faute, etc.

    • Il faut peut être cibler, avant de faire la dictée, les éléments « difficiles » et ajouter des points sur la note quand l’élément à été correctement écrit. Par exemple, suite à la leçon sur « on/ont », on peux cibler ces éléments en particulier et si ils ont été compris et écris correctement par l’élève, on ajoute des points.
      Ou envisager deux notations sur un même exercice: sur l’exemple de la dictée on/ont, on note en vert les points acquis en reussissant à écrire correctement les éléments difficiles et on met une note en rouge pour la globalité de l’exercice.

      C’est surement plus long a corriger et plus complexe à faire rentrer dans le carnet de note de l’élève mais ça peut l’encourager, lui montrer que la leçon est acquise même si il a de (gros) soucis sur d’autres éléments, d’orthographe ou de conjugaison par exemple.

    • Pour la dictée, je calcule un pourcentage de réussite plutôt qu’un nombre d’erreurs. Cela fonctionne plutôt bien et les enfants ont envie d’augmenter leur pourcentage de réussite; Les dictées sont différenciées selon les possibilités des élèves 3 groupes avec trois longueurs différentes, certains ont des textes à trous (…). Tout est possible ! Et surtout la dictée doit être un exercice d’apprentissage donc on fait une relecture collective avec plein d’indices et les élèves peuvent se corriger. On essaie de mettre en place des réflexes qui serviront à chacun avec de l’entraînement.

    • Bonjour Gabrielle, je pense que cette méthode est un leurre. Entourer les bonnes réponses ou les mauvaises ont le même effet: mettre l’enfant en face de son non-savoir, de ses lacunes . Seule compte l’attitude de l’enseignant! Cette méthode peut être utile pour l’enfant uniquement parce qu’elle peut changer l’attitude de l’enseignant, le rendant bienveillant vis à vis de l’enfant. Avec mon coeur, Linda

  2. Le problème de cette méthode c’est qu’en ne montrant pas où sont les erreurs, l’enfant ne peut pas comprendre comment les améliorer et ce qui ne va pas. C’est très bien de montrer ce qui est réussi mais il faut aussi apprendre et progresser.

    • Mettre le bon en avant n’empêche pas d’expliquer les erreurs et pièges… Tout est question de valoriser et non pas sanctionner.

      • Excellente réponse, merci pour cette clarification. En effet, je pense que valoriser ce qui a été bien executé n’empêche pas de corriger les erreurs, et de plus, cela sans que celles-ci soient prises en compte pour la note. C’est là toute la différence.
        Valoriser le travail bien fait,
        Raisonner les erreurs.
        Ça sonne effectivement mieux !

    • Mettre le bon en avant n’empêche pas d’expliquer les erreurs et pièges… Il est juste question de valoriser et non pas sanctionner.

  3. ATTENTION! Ca marches pour l écriture et tout ce qui es a contempler, observer et examiner. Il ne faut surtout pas appliquer cette méthode a la vie quotidien. l éducation sers a sortir la capacité individuelle de chaque enfant, ce n est pas une dressage.

  4. Bonjour,
    Votre article me comble de bonheur, j’ai 52 ans et suis prof de français et cela fait plus de deux décennies que je revendique cela à l’école. Personnellement, j’ai opté pour des bics mauves, à paillettes, bref des bics que j’appelle « rigolos »… Vous ne pouvez imaginer les progrès que certains font en orthographe!!! Bien sûr, je suis loin d’être adepte des dictées mais je fais recopier un texte SANS faute!!!! Et là, ma cotation est sans appel: une faute: 5/10 et plus de deux fautes: 0/10!!!!! Le tout corrigé avec des bics rigolos… En moins d’un mois, j’ai déjà des résultats formidables!!!!! Très contente de voir que « ça » bouge!!!!!!!!!!!!!!!! 😉 🙂

  5. Bonjour et merci pour cette contribution à ce monde. Cette méthode est révolutionnaire.
    Quand on pense que ces mêmes personnes conditionnées à la « méthode traditionnelle du stylo rouge » deviennent, pour la plupart, des professeurs… ça donne une idée du principe actif du « serpent qui se mort la queue ».
    Je vous invite solennellement à regarder cette vidéo de TED qui me rappelle très précisément cette méthode : https://www.youtube.com/watch?v=w-HYZv6HzAs
    Excellente journée à toutes et à tous.
    Keith

  6. J’applique aussi cette méthode en allant un peu plus loin: ce sont mes enfants qui entourent la lettre qu’ils trouvent plus jolie. Ils adorent ça! Je trouve que ça enlève la dépendance à l’avis de l’adulte et comme ça ils regardent eux-mêmes leurs progrès et s’attachent à leurs réussites plutôt qu’à leurs échecs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *