Les plantes enthéogènes : le langage secret des dieux

plantes enthéogènes

Image crédit : Pixabay

Les plantes enthéogènes : le langage secret des dieux

Par Ganji Anankea 

Le terme « enthéogène » se réfère à une variété de plantes qui induisent un sentiment ou un état divin. Il tire sa racine du grec « entheos » (theos = Dieu) et « genesthai » signifiant « qui vient dans l’être ». Ce néologisme a été créé en 1979 par un groupe d’ethnobotanistes pour qualifier les substances traditionnelles qui permettent d’entrer en transe et de connaître des états mystiques ou extatiques. Mais je reproche à ce terme un excès d’enthousiasme car rares sont les expériences où l’on accède à un tel état. Je lui préfère le terme “lucidogène”, plus approprié : faire naître en nous une vision profondément lucide. Les plantes sacrées ont en effet la capacité de nous faire voir la lumière comme le côté le plus obscur de la matière : nos propres démons. Comme l’écrit Aldous Huxley, les plantes sacrées ouvrent les portes de la perception

Elles nous confient les clés d’une terre inexplorée : nous nous aventurons alors en des lieux non autorisés à notre conscience. Et nous bravons volontiers les interdits, nous provoquons les dieux car après tout, ne sont-ce pas eux qui nous ont cruellement condamnés à l’ignorance et à l’impotence en nous amputant de tout un prisme de fonctions psychiques et autres attributs ? En tant que médium pratiquant la méditation depuis plus de 30 ans et ayant vécu des expériences spirituelles très fortes, je constate que l’utilisation que nous faisons de notre cerveau est extrêmement limitée : un grand nombre de nos facultés et perceptions nous sont totalement inaccessibles (notamment la faculté médiumnique). Et c’est loin d’être un hasard si nous sommes si injustement lésés ! Car notre cerveau est a été paramétré de telle sorte que les « perceptions interdites » nous sont parfaitement inaccessibles. Pourquoi alors avoir créé des êtres « défectueux » ? Pourquoi nous maintenir dans le noir obscur de la grotte platonicienne ? Ce serait là l’objet d’un article passionnant mais pour l’heure je vous invite à consulter l’article L’Empire du Serpent noir (1) qui traite d’avantage du sujet.

Revenons donc à la prise des plantes dites « illicites » : comment faire pour ne pas se retrouver piégé comme Dédale dans le labyrinthe inépuisable et sans fin des innombrables expériences psychédéliques? Quel est le fil qui nous permet d’en sortir? C’est en effet grâce à un fil de laine astucieusement déroulé jusqu’à la sortie que celui-ci échappe au piège que constitue sa géniale construction. Rencontrant le minotaure, Dédale le tue avant d’en sortir. Cet être hybride, mi Homme-mi bête, symbolise la bassesse de nos sentiments les plus vils, de nos instincts et obsessions les plus triviales. Alors, pouvons-nous échapper au Minotaure ou celui-ci nous terrassera-t-il ?

Ni Dieu ni maître est un credo que je ne partage pas.

Il est important selon moi de se lier à plus grand que soi, à une intelligence bienveillante et supérieure à la nôtre. Voilà mon fil d’Ariane. C’est ainsi également que l’on peut échapper à l’éternelle illusion, l’embrouillamini de visions stériles dans lequel nous précipite l’expérience « athée » des plantes sacrées. L’Intelligence supérieure nous transmet des ailes, celles-là même qui permettent à Icare d’échapper définitivement au labyrinthe. Mais encore une fois, comment ne pas se brûler les ailes ?

Nous sommes au début des années 90 et je sors de l’école nationale supérieure des arts appliqués de Paris, diplôme en poche. Je deviens assistant de direction artistique dans une agence de pub à Paris. Dans la vie privée je pratique passionnément le bouddhisme. Bien que cela paraisse inconciliable, cette philosophie s’adapte en fait parfaitement aux exigences de la vie moderne. Je pratique donc tous les jours matin et soir dans mon modeste studio que je loue aux portes de la capitale. J’ai pour voisin un jeune marocain, Abdel, qui n’est jamais seul le soir. Parfois il m’invite, je l’entends taper au mur et je l’instant d’après, me voilà catapulté dans un monde chaleureux de franche camaraderie et de musique. Je parle peu à l’époque, j’observe beaucoup.

Un soir, alors que je termine mes prières, je me sens transporté par une ardeur peu commune. Au signal, je me retrouve chez Abdel et, une fois n’est pas coutume, je me laisse tenter par une expérience inédite. Assis sur le canapé, je le vois froncer les sourcils et retenir courageusement la fumée dans ses poumons tout en me tendant un joint. À cette époque, je n’avais pas encore testé les effets décoiffants du fameux Zamal réunionnais, mais cette herbe allait m’en donner un sévère avant goût. « Tiens ! C’est la meilleure herbe que tu peux trouver. Elle vient tout droit de mon village ». La peur se dissipe très vite dès la première bouffée que je veux longue et profonde.

À ma grande surprise, je ne sens aucun effet particulier, si bien qu’en partant, je décide de prendre la voiture pour aller retrouver ma petite amie à Belleville. J’emprunte le périphérique, parcours un petit kilomètre, quand je suis pris d’assaut par une « montée » si puissante qu’elle me soulève le cœur et que mes mains en tremblent ! Je suffoque dans ma voiture, je me sens comme un animal piégé au beau milieu de ce capharnaüm de mécanique. J’ai absolument besoin d’air. Pris de panique, je me résous à prendre la première sortie : Porte de Saint Ouen. Je me gare à la première place venue et déboule de ma voiture, l’allure patibulaire. Un sentiment de mort me saisit malgré l’air frais qui me ranime quelque peu. J’avance en traînant péniblement les pieds sur un trottoir anormalement spongieux. Tout me paraît morne, trouble, noir et gris. Le mal de mer ne me quitte plus. Je saisis à deux mains ma tête et m’écroule sur un banc public.

Machinalement, je lève les mains au Ciel en appelant désespérément à l’aide les forces supérieures. À cet instant précis mon ventre est pris de spasmes violents et je régurgite un corps étranger d’une seule traite. Il s’agit d’un esprit malicieux et belliqueux, particulièrement malfaisant, et je comprends qu’il a maintenu jusque là son emprise sur moi en déversant constamment en  moi des ondes de peur. La peur de tout et de n’importe quoi. À l’instant même où il sort de moi, un sentiment de bonheur intense et de libération profonde m’enveloppe. La peur et son cortège d’angoisses viennent de me quitter. Je viens de vivre ma première expérience de guérison avec une plante « enthéogène » sans me douter que bien d’autres encore vont suivre dans les années 2000…

Quelques mois plus tard, je lâche ma carrière dans la pub pour m’embarquer, non sans un certain enthousiasme, dans un tour du monde qui s’étendra sur plusieurs années. Lîle de la Réunion dans l’Océan Indien sera ma première étape. Suivront l’île Maurice, l’Inde, le Pérou, le Brésil, la Guyane, l’île de São Tomé au large du Gabon, Madagascar… Cette expérience sur le bord du périphérique a littéralement modifié le cours de ma vie et, abandonnant mes peurs viscérales, je quitte tout du jour au lendemain et pars la tête haute.

Alors que j’écris cet article sur l’univers singulier des enthéogènes, cette anecdote m’est revenue en tête comme l’introduction parfaite à ma pensée : les plantes sacrées ne deviennent réellement transformatrices que lorsqu’elles sont associées à une pratique spirituelle concrète et quotidienne. En d’autres termes, si nous en attendons une action non seulement initiatique mais réellement thérapeutique, il convient de nous y préparer convenablement car la curiosité ou le « lâcher prise » ne suffisent pas. Sans la pratique du yoga de longue date et la foi instinctive en une intelligence supérieure qui caractérisent ma démarche depuis mes débuts (l’âge de quinze ans), mon expérience des plantes lucidogènes se maintiendrait sur un plan purement mystico-récréatif et donc essentiellement sensationnel : des visions plus ou moins délirantes, des effets psychédéliques, des sensations de distorsions corporelles, quelques prises de conscience éclairs, des accès de paranoïa ou d’extase éphémère… un vécu décousu et inexploitable, possiblement déstabilisant et sans grand intérêt en définitive.

Au regard des coutumes et autres disciplines en vigueur sur le sub-continent indien, il est manifeste que l’utilisation des plantes sacrées n’est pas inconciliable avec le yoga ou toute autre ascèse, bien au contraire. Aujourd’hui encore, les yogis n’ont rien oublié des vertus des plantes psychotropes et il n’est pas rare de les croiser en compagnie d’un shilom dont ils absorbent lentement la fumée extraite des feuilles de cannabis en implorant le nom de Shiva. Les plus dévots inspirent manifestement un grand respect, non exempt d’une certaine crainte. En Inde, le culte de la divinité se mêle harmonieusement à l’ascèse quotidienne et à la ganja (l’herbe locale) en une seule et même doctrine équilibrée et cohérente. D’ailleurs les voies hindouistes du sannyasin et du sadhu désignent le renoncement au monde mais aussi la purification de toute chose en soi. La religion hindou est diverse, polythéiste et tolérante : il y a autant de dieux que de croyances et autant de voies que de pratiquants pour accéder à l’Unité. Car en définitive, la Source est une et Tout à la fois. De même que multiples et infinies sont les voies qui mènent à la Source, chaque religieux exerce ses rites de façon tout à fait personnelle. C’est assez bouleversant pour un occidental d’expérimenter la tolérance spirituelle. En tant qu’enfants du monothéisme, nous ne comprenons pas toujours qu’il soit possible de louer la grandeur d’une telle multitude de dieux et de mêler « foi » et « drogues ».

Je vous propose à ce propos de nous attarder quelque peu sur la célèbre représentation Nataraja du dieu Shiva, seigneur de la destruction et maître de la renaissance, qui exécute une danse cosmique appelée nadānta : « danse de la félicité ». Le but de cette « danse » est de sortir l’Homme de bonne volonté du piège de l’illusion et de l’ignorance. Curieusement sa chevelure comporte une fleur de datura, plante solanacée hautement psychotrope bien connue en Europe et en Amérique. N’est-ce pas fascinant ? La datura est crainte et vénérée par les peuples premiers, elle est tenue en grande estime, elle est considérée comme une plante sacrée majeure. On dit d’elle au Népal qu’entre des mains innocentes et inexpérimentées elle se transforme en « Souffle du Diable ». Par extension, je dirais qu’il en va de même pour l’utilisation de toute autre substance psychotrope (Ayahuasca, Peyotl, Cannabis, Iboga, San Pedro…) : sans une préparation digne de ce nom et un encadrement sérieux, l’expérience peut vite tourner au cauchemar. La qualité morale de l’officiant est en elle-même fondamentale : il doit avoir fait un long et profond travail de mutation spirituelle et suivre des règles de vie stricte.

La symbolique de Shiva Nataraja nous aide à mieux appréhender notre lien aux enthéogènes. Les plantes sacrées ne sont pas seulement le langage secret des dieux, elles sont les gardiennes de l’étroit sentier qui mène à eux. Ce sont les dieux qui doivent nous en fournir l’accès et non l’Ego hédoniste sans cesse en quête de gratifications immédiates et de projections narcissiques. Et l’accès se mérite. Nous ne pouvons en effet rien exiger, nous pouvons tout au plus travailler à dépasser notre Ego obscurcissant. Nous perdons notre temps à courir après les visions et autres vessies que nous prenons pour des lanternes car les enthéogènes ont pour première et principale vocation de purifier notre corps subtil (ou corps énergétique). Ce nettoyage physio-énergétique se fait à travers le mécanisme naturel de la purge. C’est en nous délestant des éléments pathogènes dégradants que nous élevons humainement de façon effective et concrète. L’acte de vomir est en effet fondamental. En général, nous vomissons pour protéger l’organisme de l’ingestion de substances toxiques. Lors d’une rencontre avec les plantes, le corps active ces mêmes fonctions dépuratives, rejetant les éléments pathogènes: virus, microbes, parasites, programmes, esprits et autres. Non, vomir n’est pas sale ! Il s’agit au contraire d’un acte sain et hautement purificateur. Et le corps le sait bien. Disons le franchement : vomir nous rend notre santé. Habituellement, en rejetant l’élément toxique, nous ressentons une satisfaction immédiate sans égal. Il en va de même pour le travail avec les plantes, mais à un niveau bien plus profond encore.

C’est pour cela que j’exhorte tout un chacun à considérer la pratique des plantes d’avantage comme un moyen et non comme une fin en soi. Il est bien plus sain et profitable à long terme de la vivre comme un adjuvant complémentaire à la foi et à la pratique spirituelle. Selon mon expérience, la pratique des plantes ne devrait pas intervenir en début de chemin, l’ascèse devrait préexister et s’enraciner dans notre quotidien à travers la pratique de la méditation, de la prière, du jeûne et de la contemplation. Car l’esprit des plantes vient naturellement à nous lorsque nous sommes prêts, c’est ainsi qu’il opère son plus haut degré de guérison et de transformation : lorsque ces conditions sont préalablement réunies.

Tous les Hommes, je dis bien tous, sont victimes de pollution énergétique.

En 35 ans de travail, je n’ai jamais rencontré un seul être humain épargné par ce problème. Mais quoi de plus normal lorsqu’on vit sur Terre, dans un écosystème qui se définit justement par la prédation et le phagocytage? Visibles ou invisibles, mille et uns parasites opportunistes et déterminés dédient leur journée à la recherche d’un hôte et, une fois débusqué, s’y cramponnent fermement.

Au début des années 2000, ce ne furent pas moins de six esprits (de personnes décédées) que « je parvins » à dégager de mon corps. Si je souffrais depuis mon adolescence de troubles de la personnalité, je n’en aurais cependant jamais imaginé leur origine. Les esprits sont en effet friands de personnes hypersensibles, leur énergie riche et subtile étant particulièrement convoitée. Cet exploit, je le dois aux racines de l’arbuste africain « Iboga », ou Tabernanthe Iboga, le bois sacré comme les africains le nomment.

Vous avez peut-être entendu parler de cette plante ô combien redoutable et… redoutée. La France en a interdit l’usage suite à une affaire particulièrement douteuse : le décès d’un jeune-homme lors d’une cérémonie dans les Bouches du Rhône en 2006. Une mort a suffit pour mettre fin à l’utilisation de cette plante sur le sol français et pour que l’on oublie que des dizaines de toxicomanes ont réussi à se désintoxiquer de drogues dures sous Iboga. Une mort de trop certes, mais lorsque l’on connaît les dégâts humains que fait chaque année l’industrie pharmaceutique, on ne peut que s’indigner de ce « deux poids deux mesures ». Il semble que certaines sociétés industrielles bénéficient d’une immunité à toute épreuve, tout comme certains politiques (3) d’ailleurs.

Mais revenons à l’Iboga, plante de l’initié par excellence. Au 19ème siècle, de nombreuses religions se sont édifiées autour de la mère de toutes les plantes pour échapper à l’oppression et à l’impérialisme occidental. En effet, la pratique de cette plante transmet non seulement des  références spirituelles solides mais aussi des repères moraux indispensables à l’édification de notre personnalité singulière. Toutes les formes de Bwiti (4), qu’elles soient religieuses ou purement thérapeutiques, se basent sur la pratique de la Tabernanthe, elle en est la pierre angulaire. Au Gabon, sa terre d’origine, l’Iboga a même été décrétée « patrimoine national et réserve stratégique » en 2000.

À l’origine, les principes de la cérémonie (le ngoze) au cours de laquelle le futur initié (banzi) rencontre la « terre des ancêtres » demeuraient secrets, aucun disciple n’en évoquait les contours jusqu’au jour fatidique. Nul ne révélait la nature de son expérience en présence du néophyte. Le parcours du banzi s’articulait patiemment autour du respect du sacré et de l’apprentissage des mystères théoriques de la Création. C’est ainsi que la grandeur de la plante se construisait dans son esprit. C’est ainsi qu’elle se dévoilait implicitement au prétendant. Patiemment, celui-ci se préparait à la veillée rituelle, à sa nouvelle naissance. Sans le savoir vraiment du reste car nul ne sait ce qui l’attend. Un couple de parrains était constitué pour l’accompagner dans ce périple nocturne et s’assurer que la cérémonie d’initiation serait conduite selon les règles.

À l’instar du banzi, il est essentiel de préparer le corps et l’esprit à travers les cultes du divin et du sacré (prière, méditation, jeûne, yoga etc…). En nous détournant de notre Ego (discrimination), nous facilitons l’intervention d’énergies insoupçonnées : celles-ci vont préparer le terrain et rendre possible le travail des intelligences subtiles. Si elles nous sont supérieures, si leur plan nous demeure inaccessible et incompréhensible, nous devons néanmoins demeurer confiants et déterminés. En  laissant faire l’œuvre, nous rendons possible le « miracle ». Quelque soit la plante que nous rencontrerons, nous serons préparés. Et même si notre mental panique, notre corps quant à lui sera prêt, il sera mûr pour accueillir la mutation. Nous ferons alors l’expérience du corps énergétique. Sollicité par les intentions de la plante, il vibrera de sa plus bouleversante mélodie, toutes ses fonctions seront mobilisées, il sera ainsi assaini et reconfiguré en profondeur.

Et quel en sera selon vous le chef d’orchestre ? L’organe se saisira des opérations ? Rien de moins que la Kundalini ! (5)

Le cobra sacré est autant respecté en Afrique qu’en Amérique du sud. Son esprit est présent et on ne peut plus actif à chaque cérémonie, à chaque opération. Et si les conditions sont respectées, la rencontre avec le Caducée vivant prend tout son sens, toute sa valeur, toute sa force. En faisant confiance à ses initiatives, nous sommes les témoins de la plus merveilleuse intervention médicale.

Certes, en goûtant à la chaire des Dieux, simples mortels que nous sommes, nous accédons à l’éternité, ne serait-ce que pour un instant. Les limites du monde terrestre, la virtualité humaine s’évanouissent pour laisser place à une profondeur sans égal, à une densité inconnue, à notre richesse intérieure. Mais encore une fois, comment ne pas être piégé par toutes ces belles découvertes ? Nos prises de conscience ne s’évanouissent-elles pas lorsque les effets psychotropes s’estompent ?

Je formulerai la question autrement : comment rendre les expériences psychédéliques, selon les termes du psychiatre H. Osmond, utiles à notre triviale réalité humaine ? Comment les rendre durablement transformatrices, constructives et génératrices de valeurs suffisamment fortes pour répondre au monde matériel assommant et écrasant ?

Vous le découvrirez, non en goûtant à la chaire des Dieux, mais en devenant vous-même cette chair sacrée, cette matière à pétrir, le fidèle reflet de la Dimension supérieure. D’un outil rudimentaire, chacun d’entre nous peut décider au cours de sa vie de devenir l’instrument parfait, le prolongement serein d’une Intelligence Suprême. C’est à travers cet acte d’allégeance à « plus grand que soi » que les dieux reconnaissent notre qualité et nous parent enfin d’une armure invisible. Bientôt ils nous nourrissent et nous comblent d’un aliment nouveau : l’Être. L’Être authentique et profond. Alors seulement, nous devenons aptes à accéder au monde jusqu’alors hermétique auquel nous invitent les plantes enthéogènes.

En conclusion

Il ne peut y avoir de guérison « holistique » sans une sérieuse préparation spirituelle (6). C’est le b.a.-ba., le paramètre incontournable sans lequel toute guérison demeure partielle ou éphémère. En effet, ce que j’ai appelé le système ECPS (la synergie vitale des corps énergétique, cognitif, physique et spirituel) doit être pris en charge dans sa globalité.

Alors inutile de brûler les étapes. Cherchons d’abord à rétablir le lien avec le sacré (7) par les techniques dites de contemplation et d’introspection. Relions-nous à l’Inconnaissable. Il ne nous reste plus qu’à faire confiance. Le Divin (8) reconnaît nos efforts et trace notre chemin dans l’obscurité. Malgré la frustration et le doute, nous avançons vers la guérison, la connaissance de soi et… du Soi supérieur. Nous guérissons de l’ignorance et nous nous purifions.

Il est bien là question de « se préparer », non pas à une énième session d’Ayahuasca ou de Peyotl, mais à entendre et recevoir le langage des dieux (j’entends ici du Divin*), et surtout, à en assumer les tenants et aboutissants, les orientations secrètes, dans un monde humain au langage si différent.

Il est bien là le vrai défi : chercher l’Être en soi. Cet autre « nous-même », plus sain, plus grand, plus pertinent, plus noble. Nous y parvenons en démystifiant notre propre personnalité. Car celle-ci nous  limite, nous étouffe, nous leurre et nous maintient dans un enclos duquel on ne sort pas. Certes, il est rassurant et valorisant de croire que l’on maîtrise les composantes qui nous définissent, mais imaginez que nous sommes bien plus que cela, bien plus que cet amas de données, de data-mémoires figées.

Connaissez-vous l’excellent film d’anticipation THX 1138 ? Bien plus que cela, c’est une véritable allégorie de notre condition d’éternels captifs. Le héros finit tant bien que mal à échapper à l’univers carcéral dans lequel il est maintenu. Univers trop rassurant auquel il s’est jusque là soumis et identifié : le connu, le maîtrisable, la sécurité et la satisfaction immédiate. Il découvre qu’il est bien plus qu’un simple consommateur ou employé… Vous le vérifierez par vous-même la prochaine fois que vous contemplerez un lever de soleil : vous ressentirez un peu de ce que vous êtes au fond. Et bien sachez que vous serez encore bien loin du compte.

GANJI  ANANKEA

www.ganjianankea-therapy.com

  1. L’Empire du Serpent Noir ou la destruction organisée de notre identité
  2. Pénétrer le mystère, disponible dans le recueil Double Vision
  3. Dans l’affaire du sang contaminé 3 ministres dont le premier ministre de l’époque Laurent Fabius ont été incriminés et finalement innocentés : http://www.liberation.fr/societe/1998/07/21/proces-du-sang-contamine-trois-ministres-responsables-l-arret-de-renvoi-precise-les-faits-imputes-au_242079 et
  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_sang_contamin%C3%A9
  5. « Le Bwiti est une religion syncrétique d’origine Gabonaise, indissociable de l’Iboga, est elle-même essentielle dans les rituels d’initiation. Depuis son apparition, elle a évolué de façons diverses du fait de ses multiples interprétations par des ethnies de traditions différentes. Le Bwiti « appartient » au départ aux Pygmées du Gabon. Il représente pour eux la conception religieuse de l’Invisible et du Divin. » Lire la suite sur https://sites.google.com/site/dikombobokaye/Home/preface/le-bwiti
  6. Doit-on avoir peur de la Kundalini ?
  7. Retour à la médecine originelle
  8. L´Être humain en perte de Sacré
  9. Divin ou Intelligence supérieure : L’origine de toute chose,  la conscience absolue et éternelle. Selon le Vedanta (vision Hindouiste), celui qui connaît l’Atman (le Divin) est « l’agent de chaque chose, l’agent du Tout, le monde est à lui, et il est ce monde-même. » L’Atman ou encore l’être divinisé désigne traditionnellement le vrai Soi par opposition à l’Ego.

Articles et ouvrages disponibles sur www.ganjianankea-therapy.com (Blog et Livres)

Ganji Anankea

3 Commentaires

  1. Bonjour,
    Je ne suis pas certaine d’avoir tout compris de vos expériences, de votre spiritualité, ni de tout ce lien avec les plantes hétérogènes. …
    Sincèrement je suis trop novice à ma prise de conscience de voir que la société dans laquelle nous vivons n’est qu’un leurre et que nous sommes bien plus que cela …. toujours est il que votre texte est interessant. Merci pour cette vision

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